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Par Caroline Biel, agente – Mobilisation et communications, région de la Colombie-Britannique, Oiseaux Canada

 

Je n’ai jamais vu autant de Grands Hérons de ma vie. Je lève mes jumelles pour admirer à l’oeil nu la profusion de nids dans la héronnière. Des juvéniles maladroits y attendent, le bec pointant le ciel, le retour de leurs parents avec leur prochain repas. Je ne suis pas la seule à être captivée par les hérons. Pendant que je les observe, je vois constamment des gens s’arrêter pour les admirer qui s’assemblent sur les vasières pour y pêcher. Cette colonie de hérons, la plus grande du Canada, est un joyau de la région.

Grand Héron Photo : Graham Sorenson
Je suis à Delta, en Colombie-Britannique, dans un des plus riches écosystèmes de la province. Juste au sud de Vancouver, cette localité est à l’entrée de la ZICO de l’estuaire du Fraser, une plaque tournante pour les oiseaux le long de la Voie migratoire du Pacifique. En collaboration avec Oiseaux Canada et d’autres partenaires, la Ville de Delta a lancé la campagne Birds Love Delta (« les oiseaux aiment Delta ») qui vise à sensibiliser la population à la protection de l’avifaune de cet endroit très particulier.

À Delta, les eaux douces du fleuve Fraser se déversent dans les eaux salées de la mer des Salish et forment ainsi un des écosystèmes les plus productifs de la province : l’estuaire du Fraser. La riche mosaïque des habitats marin, estuarien, d’eau douce et agricole soutient des millions d’oiseaux, qui se rassemblent dans ce secteur en automne, en hiver et au printemps. C’est vraiment un endroit à nul autre pareil, surtout pour les nombreux Grands Hérons qui y nichent et y hivernent.

Les individus qui se trouvent ici sont différents des Grands Hérons qu’on trouve ailleurs. Ils se distinguent par leur plus petite taille et leur plumage plus sombre; ils appartiennent à la rare sous‑espèce fannini qui a évolué spécifiquement pour pêcher dans la zone intertidale. Cette sous‑espèce est unique à cette région de la Colombie-Britannique; on ne la trouve presque nulle part ailleurs.

Or la colonie de l’estuaire du Fraser est complètement entourée d’industries et de zones urbaines. Chaque jour, d’imposants cargos se dirigent vers le terminal maritime de Roberts Bank et en partent, juste à côté de la colonie et des vasières. Comme l’expansion de Vancouver et de son port se poursuit, les oiseaux doivent supporter davantage d’empiètement chaque année. Heureusement, de nombreuses démarches sont faites pour protéger l’habitat dans l’estuaire du Fraser.

Photo : Caroline Biel
Plus de 25 intervenants – entre autres le Pacific Bird Habitat Joint Venture (« plan conjoint des habitats aviaires du Pacifique »; page en anglais), qui mène les efforts de conservation le long de la Voie migratoire du Pacifique – s’emploient à améliorer l’habitat dans l’estuaire. En outre, Oiseaux Canada a été très actif sur le front de la conservation en favorisant l’engagement communautaire et en militant pour l’établissement et l’adoption de politiques de protection de la faune à l’échelle locale. Notre partenariat avec l’administration municipale a débouché sur la campagne Birds Love Delta, qui célèbre les initiatives des résidents, des groupes communautaires et des agriculteurs visant la protection et l’amélioration de l’habitat des oiseaux.
Ces partenariats seront particulièrement importants au cours des prochains mois devant la persistance des menaces qui pèsent sur l’estuaire du Fraser. La plus immédiate de ces menaces est le Projet du Terminal 2 à Roberts Bank qui, s’il se réalise, mettra en danger l’Effraie des clochers, le Saumon chinook ainsi que la population d’épaulards résidents du sud du Pacifique Nord-Est. Le cas échéant, on observera des effets négatifs sur le poisson fourrage, qui est une importante source de nourriture pour les Grands Hérons de la région. De même, Oiseaux Canada et des scientifiques d’organismes gouvernementaux continuent de craindre que le projet, s’il est mené à terme, pourrait également interrompre la production de biofilm et entraîner l’effondrement de la population de Bécasseaux d’Alaska.

Nous pourrions recourir à votre aide pour contribuer à protéger les oiseaux de l’estuaire du Fraser! Même si vous habitez loin de là, vous pouvez quand même appuyer la conservation aviaire dans cette région si importante pour les oiseaux :

 

  • Le Projet du Terminal 2 à Roberts Bank constitue actuellement la plus grande menace qui pèse sur l’avifaune de l’estuaire du Fraser, mais il est encore temps d’exprimer vos préoccupations avant qu’il aille de l’avant. Aidez à protéger l’estuaire du Fraser en encourageant Jonathan Wilkinson, notre ministre de l’Environnement et du Changement climatique, à rejeter le projet.
  • Demeurez informés sur la conservation aviaire dans la région en suivant l’actualité sur la ZICO de l’estuaire du Fraser sur Instagram (@fraser_delta_iba), Twitter (@fraserdeltaiba) et Facebook.
Bécasseaux d’Alaska et Bécasseaux variables Photo : Graham Sorenson
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