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Longueur : 10-13 cm Poids : 8-13 g

C’est par hasard qu’une Paruline obscure a été le millionième oiseau bagué à l’Observatoire d’oiseaux de Long Point (OOLP). Cette espèce se reproduit presque exclusivement dans des zones inaccessibles de la forêt boréale du Canada, ce qui démontre l’importance des méthodes de suivi des migrations que l’OOLP a été le premier à employer. En comptant les oiseaux de passage pendant leurs migrations, des scientifiques peuvent mieux comprendre les tendances démographiques des espèces difficiles à étudier à leurs lieux de nidification.

L’équipe de l’OOLP a bagué 5938 Parulines obscures depuis 1960. Les données de suivi des migrations de l’espèce indiquent un pic des effectifs dans les années 1960 et 1970, suivi d’un déclin, puis d’un rebond. Comment expliquer ce profil? Vraisemblablement par les fluctuations des populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette sur les lieux de reproduction.

La Paruline obscure est renommée pour sa consommation d’énormes quantités de tordeuses. À certains endroits, ses effectifs ont décuplé en cinq ans à la suite d’infestations de ces insectes. Elle peut être l’espèce nicheuse la plus abondante dans certaines parties de l’est de la forêt boréale quand les tordeuses y pullulent, à tel point qu’on peut dénombrer jusqu’à 500 mâles entassés dans un espace d’un kilomètre carré. Pendant la période des amours, on peut entendre les mâles émettre leurs trilles insistants à qui mieux mieux pour marquer leur territoire.

Beaucoup de Parulines obscures prennent leur départ pour leurs quartiers d’hiver en Amérique centrale et du Sud avant que s’amorce leur mue post-nuptiale. C’est une des seules espèces néotropicales migratrices à être si pressée de partir vers le Sud. On ne connaît pas encore l’explication du phénomène. La structure des ailes de la Paruline obscure lui permet de survoler tout le golfe du Mexique dans sa migration printanière tandis que sa proche parente, la Paruline à joues grises, ne survole que la terre ferme.

La Paruline obscure ne se distingue peut-être pas par la beauté de son chant, mais c’est une robuste migratrice et une fine opportuniste qui cache encore de nombreux mystères. Par exemple, savez-vous quelles régions sont le plus importantes pour la conservation de l’espèce et quels sont les effets des différentes pratiques forestières sur le succès de sa reproduction? Nous comptons bien la connaître davantage grâce aux recherches menées à l’OOLP et ailleurs.