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Par Pete Davidson, conseiller principal en conservation, Oiseaux Canada

 

La Journée mondiale de l’albatros, célébrée le 19 juin, a été établie en 2020 pour sensibiliser le public à une crise de la conservation qui sévit à l’abri des regards. De nouveau cette année, Oiseaux Canada a le plaisir de soutenir l’événement, qui marque l’anniversaire d’un traité international, l’Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (ACAP). Le thème de la journée pour 2021 est «Vers une pêche respectueuse des albatros». Le grand nombre d’albatros et de pétrels tués par la pêche fut le principal moteur de la création de l’ACAP il y a deux décennies. D’énormes progrès ont été réalisés depuis concernant cet enjeu mondial, mais il reste encore beaucoup à faire, et les choix personnels que nous faisons comptent pour beaucoup!

Trois espèces d’albatros fréquentent régulièrement les eaux canadiennes dans le Pacifique; ce sont les Albatros de Laysan, à queue courte et à pieds noirs. Ces espèces sont très répandues dans le Pacifique Nord, où elles sont exposées à des captures accessoires par des bateaux de pêche. La bonne nouvelle est que certaines mesures ont déjà été prises pour améliorer les pratiques de pêche dans les zones à haut risque pour les albatros dans cette région, et que l’amélioration des données de suivi des albatros et des navires de pêche permet d’obtenir une image plus claire de l’environnement à risque dans l’ensemble de la région.

(Veuillez noter que les pages Web de BirdLife International indiquées ci-après sont en anglais seulement.)

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Albatros de Laysan Photo : Melissa Hafting

​L’une des réussites les plus éclatantes en matière de conservation au cours de la dernière décennie nous vient de la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) et de l’Albatross Task Force (groupe de travail sur les albatros) de BirdLife International. Jusqu’à présent, ce groupe de travail a obtenu des résultats incroyables en matière de conservation dans les pêcheries qu’elle a ciblées. Un exemple récent est la réduction de 98% des prises accessoires d’oiseaux de mer dans une pêcherie namibienne au large de l’Afrique australe, ce qui représente 22 000 oiseaux marins sauvés chaque année! Ces succès doivent maintenant être étendus à d’autres pêcheries, notamment en haute mer, où les albatros et les grands pétrels passent près de 40% de leur temps et où de nombreux autres pétrels et des puffins, comme l’Océanite cul-blanc, qui se reproduit au Canada, passent une grande partie de leur temps en dehors des périodes de reproduction.

Par conséquent, la haute mer est une priorité pour l’équipe chargée de la politique mondiale de BirdLife International. Voici les précisions de Carolina Hazin, coordonnatrice de cette politique: «BirdLife International plaide en faveur de deux éléments clés dans le nouveau Traité sur la haute mer, établi dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer; le premier est d’établir un processus pour mettre en place des aires marines protégées gérées efficacement en haute mer, et le second est de faire preuve de cohérence et de rigueur dans l’évaluation des incidences environnementales dans tous les secteurs et toutes les régions, en tenant pleinement compte des effets cumulatifs.»

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Photo : Cameron Eckert
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Albatros à queue courte Photo : Melissa Hafting

Ensemble, ces deux éléments pourraient réduire de manière significative la pression sur les espèces inféodées aux grands espaces océaniques. BirdLife met à disposition sa vaste base de données de suivi des oiseaux de mer, ainsi que les connaissances et l’expertise de son personnel pour contribuer à ce processus. Carolina ajoute: « L’absence actuelle de réglementation sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine en haute mer renforce l’urgence pour les Nations Unies d’adopter au plus vite le Traité sur la haute mer, qui contribuera à son tour au cadre mondial ambitieux de la Convention sur la diversité biologique visant à protéger toute la nature au cours des prochaines décennies.»

Alors, que pouvons-nous faire pour les albatros, pétrels et puffins emblématiques que nous ne voyons jamais? La pression du marché est l’un des moyens les plus puissants de faire évoluer les pratiques commerciales. Choisissez des produits de la mer (pour vous et vos animaux domestiques, en particulier les poissons de haute mer comme le thon) bénéficiant d’une certification de durabilité généralement reconnue, comme celles du Marine Stewardship Council (MSC) et du programme Ocean Wise Seafood. Demandez aux restaurants où vous souhaitez commander du poisson à quel endroit il a été pêché et s’il provient d’une source durable. Lorsque la demande de produits de la mer responsables et respectueux des oiseaux marins augmentera, les entreprises seront forcées de suivre le mouvement. Vous pourriez également faire un don à Mouse-free Marion, un projet de BirdLife Afrique du Sud et de ses partenaires visant à restaurer l’île Marion dans son état naturel en éliminant les souris domestiques introduites. Cette île, située au large de l’Afrique du Sud dans l’océan Indien, abrite une importante colonie de nidification d’albatros et de pétrels.

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Albatros à pieds noirs Photo : Yousif Attia

Pour en savoir plus sur ce groupe d’oiseaux unique, vous pouvez lire le billet publié par Oiseaux Canada sur la Journée mondiale de l’albatros de 2020.

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