Mais apprenons à mieux connaître cet oiseau captivant. Pour commencer, c’est un membre de la famille des Fringillidés, l’un des plus gros au Canada (20 cm de long et 60 grammes, soit à peu près la taille d’une balle de tennis) juste après le Durbec des sapins. Il est très facile à reconnaître, le mâle ayant la tête, le haut du dos, la queue et la poitrine noirs, qui se fondent harmonieusement dans le jaune vif du bas du dos et du dessous du corps. Le mâle a également un large sourcil jaune vif. L’espèce présente un fort dimorphisme sexuel, ce qui signifie que les mâles et les femelles ne se ressemblent pas du tout. Et malgré toute l’attention que reçoivent les mâles (à juste titre), les femelles sont tout aussi magnifiques, avec leur plumage argenté brillant rehaussé de jaune pâle sur la nuque et le haut de la poitrine et leurs taches blanches sur les ailes et la queue. Les oiseaux des deux sexes ont un bec conique massif distinctif.
Au Canada, les Gros-becs errants vivent dans les forêts boréales, montagnardes et mixtes du nord. Selon le rapport intitulé L’état des populations d’oiseaux du Canada, les effectifs au pays représentent environ les deux tiers de la population mondiale, ce qui nous rend particulièrement responsables de leur protection. Aux États-Unis, on les trouve dans le nord-est et par endroits dans la région montagneuse de l’Ouest, jusqu’au centre du Mexique. Pendant les mois d’hiver, ils se nourrissent d’une grande variété de graines et de fruits, notamment ceux du cerisier de Pennsylvanie, des ailes de disamares d’érables à Giguère et, bien sûr, des graines de tournesol, qu’ils consomment parfois à la tonne dans les mangeoires! Pendant la saison de reproduction, les Gros-becs errants se nourrissent d’insectes, avec une préférence pour les chenilles, en particulier les tordeuses des bourgeons de l’épinette lors des infestations.
La période de nidification s’étend du début de juin à août. Les femelles pondent généralement entre deux et cinq œufs dans un nid assez peu structuré, construit en hauteur dans un arbre ou un grand arbuste. La période d’incubation jusqu’à l’envol des oisillons dure environ un mois et, selon la disponibilité de la nourriture, l’espèce peut produire deux couvées.
L’étroite relation de l’espèce avec les sources de nourriture disponibles, en particulier la tordeuse des bourgeons de l’épinette, est l’un des principaux facteurs à l’origine des irruptions. Lorsque des infestations massives de tordeuses se produisent dans la forêt boréale, ces oiseaux se rassemblent et se reproduisent abondamment. Ces périodes de reproduction sont généralement suivies d’irruptions pendant les mois d’hiver, au cours desquelles les oiseaux partent à la recherche de nourriture. Il est intéressant de noter qu’un phénomène similaire, lié à la taille des populations et aux sources de nourriture préférées, est observé chez de nombreux fringillidés en hiver.