La région des Prairies est un des principaux lieux de rencontre des oiseaux au Canada. Au printemps et en été, les pâturages regorgent d’espèces inféodées aux prairies du continent. Pour les oiseaux aquatiques et de rivage, les cuvettes des prairies sont des havres où ils peuvent élever leur progéniture et trouver leur pitance dans les eaux peu profondes. Et les hirondelles capturent les insectes en vol au-dessus de ces milieux humides. Des rapaces diurnes et d’autres oiseaux prédateurs comme la Pie‑grièche migratrice se perchent sur les arbres et les arbustes le long des cours d’eau pour scruter les prairies à la recherche de leur prochain repas.
Les oiseaux de prairies sont des icônes de l’Ouest canadien. Les Plectrophanes à ventre noir réalisent leurs incroyables ballets aériens pour revendiquer leur part des prairies. Les Alouettes hausse‑col, arborant leurs petites cornes noires, semblent vouloir se faire une place parmi les bovins. Les énormes Buses rouilleuses et leur appétit vorace pour les spermophiles (un couple peut en consommer jusqu’à 500 en une saison). Et, bien sûr, les Sturnelles de l’Ouest, qui chantent à gorge déployée sur des fils de fer. Tous ces oiseaux sont de moins en moins nombreux; certaines espèces ont perdu plus de 90% de leurs effectifs au Canada.
Dans l’ensemble, nous avons perdu près de 60% de notre avifaune des prairies ces 50 dernières années. Cela s’explique en majeure partie par la perte et la dégradation d’habitats. Dans le nord des grandes plaines, nous perdons en moyenne 0,5 hectare de prairie chaque minute. Pour mettre la situation en perspective, soulignons que beaucoup d’oiseaux de prairies, le Plectrophane à ventre noir par exemple, ont besoin d’environ un hectare à l’intérieur d’une grande prairie pour se reproduire et élever leurs petits. Cela veut dire que toutes les deux minutes, un oiseau de prairies perd un lieu de nidification potentiel.