Une des nombreuses technologies en plein essor est celle des enregistreurs autonomes (EA), des petites unités que l’on peut déployer sur de longues périodes et qui enregistrent en continu les bruits de la nature environnante. De plus en plus de projets menés par les communautés autochtones utilisent cette technologie qui devient plus accessible et facile à déployer avec les années. Des programmes d’Oiseaux Canada comme « La Science dans le nord » viennent en support de ces projets dans le nord de l’Ontario, du Québec et au Labrador, souvent en collaborant avec de multiples acteurs comme Environnement et Changement climatique Canada ou l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador afin de créer des synergies dans nos efforts communs. En écoutant les priorités et les besoins de ces partenaires et collaborateurs précieux pour la conservation des oiseaux, nous les aidons afin de permettre la réalisation des inventaires souhaités et ainsi garantir aux communautés autochtones une autonomie à long terme pour tout genre de suivis d’oiseaux. Ces unités, placées au début de l’été et récupérées à sa fin, fournissent potentiellement des centaines et des centaines d’heures de fichiers audio qui sont enregistrées à tout jamais sur des cartes mémoire.
Ces fichiers doivent ensuite être analysés après la saison de terrain par des biologistes et ornithologues aguerris pour découvrir la diversité d’oiseaux qui vocalisent et donc avoir une meilleure idée de ce qui se passe à un endroit donné. On m’a déjà dit que les « données des EA sont des marques pérennes du paysage naturel qui sont d’une valeur inestimable », et cela ne peut être plus vrai. Imaginez : nous pouvons savoir avec exactitude quel oiseau a chanté à quel moment exact à un endroit précis, le réécouter autant de fois qu’on veut et comparer avec les années futures afin de détecter immédiatement des changements dans l’occurrence et même dans les vocalisations d’une espèce.
N’est-ce pas fantastique? Je trouve ça personnellement extraordinaire que nous soyons en mesure de faire cela aujourd’hui, et cela rend mon travail d’autant plus passionnant!
Nous voici donc au début d’une nouvelle saison de terrain, les oiseaux migrateurs reviennent sur leur aire de reproduction et l’excitation générale liée au réveil de la nature printanier se poursuit. Nos différents programmes sont à l’œuvre pour organiser le déploiement et la récupération de nouveaux enregistreurs avec nos partenaires à des endroits connus et lointains afin d’en dévoiler leurs secrets. Des nouvelles données, des nouvelles surprises, des nouveaux concerts par ces mêmes artistes qui nous ont accompagnés pendant les derniers mois dans nos bureaux. Une saison estivale qui permettra de combler le prochain hiver de nos biologistes de mélodies boréales.