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Les principaux dangers qui guettent l’avifaune canadienne

Pipit de Sprague Photo : Yousif Attia

Les principaux dangers qui guettent l’avifaune canadienne

 

Le Canada est au coeur des plus importants enjeux environnementaux de notre temps : les crises de la biodiversité et du climat. Trois milliards d’oiseax – un nombre hallucinant qui représente près d’un individu sur trois – ont disparu au Canada et aux États-Unis depuis 1970. Pourquoi?

 

 

Au Canada, les oiseaux sont exposés à cinq grands dangers :

a perte d’habitats

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Les pesticides et les contaminants

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Les espèces envahissantes et les chats

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Les collisions

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La crise climatique

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Ce survol très sommaire ne fait qu’effleurer chacune de ces menaces, avec des exemples des efforts que déploie Oiseaux Canada pour les réduire ou les contrer.

La perte d’habitats

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La perte d’habitats est le phénomène qui a affecté le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux au cours des dernières décennies. Et la tendance devrait se poursuivre. Les principales causes de la perte d’habitats au Canada sont les changements dans l’utilisation du territoire, comme la conversion à l’agriculture, le développement des zones urbaines et des infrastructures et l’extraction de ressources naturelles. Le problème touche les milieux terrestres autant qu’aquatiques, y compris les aires marines.

Lorsqu’il est question de la perte d’habitats, cela inclut leur dégradation et leur fragmentation. La dégradation prive certaines espèces de leur environnement; elle résulte en grande partie des dérangements causés par les humains, par exemple la circulation de véhicules hors route dans l’habitat de nidification du Pluvier siffleur. La fragmentation est le morcellement de vastes étendues d’habitat en petites parties qui ne conviennent pas à certaines espèces, ce qui constitue un problème majeur pour les oiseaux de prairies par exemple.

Notre réponse : Appuyer l’établissement de nouvelles aires (dont la conservation par les Autochtones d’habitats de la région boréale et d’habitats marins comme l’aire marine nationale de conservation du sud des Îles-Gulf) en fournissant des données d’inventaire, et soutenir les gardiens des ZICO (zones importantes pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité) au Canada et travailler de concert avec les intendants de paysages exploités, par exemple les éleveurs de bovins dans les prairies canadiennes et les propriétaires de terres boisées dans le sud de l’Ontario.

Les pesticides et les contaminants

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Quiscale rouilleux Photo : Yousif Attia

 

Les pesticides et les contaminants chimiques affectent les oiseaux principalement en dégradant leurs habitats et en réduisant la quantité de nourriture. Leurs effets se font sentir dans les habitats terrestres et aquatiques sous l’effet de l’agriculture, de la foresterie et de l’industrie à grande échelle et des transports qui dégagent des substances toxiques d’origine humaine dans l’environnement.

C’est Rachel Carson qui a signalé le problème pour la première fois il y a près de 60 ans dans son ouvrage intitulé Printemps silencieux. Son cri d’alarme a été le déclencheur qui a mené à l’interdiction de l’usage du poison agricole DDT dans certains pays. Et cela a donné lieu par la suite à une des victoires de la conservation, le rétablissement de populations d’oiseaux de proie, dont certains étaient menacés de disparition. Néanmoins, cinquante ans depuis l’interdiction du DDT, bon nombre de substances chimiques toxiques sont encore répandues dans tout le Canada et dans la plupart des autres pays.

Le recours aux pesticides chimiques à l’échelle industrielle dans les secteurs de l’agriculture et de l’exploitation forestière fait peser une menace bien actuelle sur de nombreuses espèces d’oiseaux au Canada. Ces poisons tuent des insectes dont les oiseaux se nourrissent et des plantes que des oiseaux – et les insectes qu’ils chassent – utilisent pour le gîte et le couvert. Les oiseaux qui consomment des insectes, en particulier les insectivores aériens, qui capturent leurs proies presque exclusivement en vol, subissent certains des déclins les plus abrupts parmi toute l’avifaune.

Notre réponse : Mener des recherches montrant comment la menace guette et utiliser les résultats pour plaider en faveur de changements. Par la suite, nos programmes de surveillance permettent d’évaluer l’efficacité de nos démarches. Par exemple, récemment, le système Motus d’Oiseaux Canada a contribué à démontrer comment les pesticides de la classe des néonicotinoïdes (utilisés pour enrober les semences) s’attaquent directement aux aptitudes à migrer des oiseaux, sans compter leur effet indirect causé par la réduction des populations d’insectes. Nos programmes de science citoyenne contribuent à démontrer l’efficacité des mesures d’application de la loi, par exemple en réaction à la pollution chronique par les hydrocarbures (article en anglais) attribuable au déversement illégal de fonds de cale de navires dans le milieu marin.

Les espèces envahissantes et les chats

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Les espèces envahissantes sont des animaux ou des végétaux exotiques (non indigènes) introduits dans un nouveau milieu intentionnellement (pour la production de fourrures par exemple) ou accidentellement (des graines dispersées et des rats de cale, par exemple) et qui produisent des effets indésirables sur une ou plusieurs espèces indigènes ou sur des habitats. Les chats sauvages constituent en principe une espèce envahissante, et nous classons les chats domestiques qui vont à l’extérieur dans la même catégorie.

Des cinq grands dangers dont il est question dans cet article, la prédation exercée par les chats sauvages et domestiques est la principale cause de mortalité aviaire (surtout celle des espèces communes et répandues). Les rats et les ratons laveurs, qui suscitent une grande inquiétude par rapport aux oiseaux au Canada, sont des prédateurs redoutés dans les grandes colonies d’oiseaux marins au large de la côte ouest. Des plantes envahissantes menacent des habitats dans bon nombre de zones importantes pour les oiseaux. C’est le cas par exemple de la Spartine anglaise (Spartina anglica), qui pourrait transformer les vasières riches en avifaune de l’estuaire du Fraser en prairies stériles, et du Roseau commun (Phragmites australis), qui étouffe les milieux humides de la Réserve de la biosphère de Long Point et rend maints habitats inhospitaliers pour plusieurs espèces d’oiseaux et autres espèces en péril.

Notre réponse : Des interventions ciblées avec des partenaires, comme la Long Point Phragmites Action Alliance, dans des ZICO (zones importantes pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité) hautement prioritaires, dont des colonies d’oiseaux de mer en Colombie-Britannique. De plus, nous apportons notre soutien à des partenaires de l’alliance BirdLife International dans diverses régions à l’extérieur du Canada. En ce qui concerne les chats domestiques, la solution consiste à les garder à l’intérieur.

Les collisions

Paruline à croupion jaune

 

Les collisions avec des structures artificielles et l’écrasement non intentionnel de nids par des véhicules comptent parmi les principales causes de mortalité aviaire. Dans cette catégorie, la cause la plus répandue serait les collisions avec des fenêtres de bâtiments. Celles-ci ont lieu autant le jour, quand des oiseaux heurtent les vitres qui reflètent l’habitat ambiant, que la nuit pendant les migrations, quand les oiseaux sont désorientés par des lumières brillantes artificielles et entrent en collision avec celles-ci et les structures voisines. Dans ce dernier cas, les mortalités se produisent dans des villes (page en anglais), à des sites industriels sur la terre ferme, sur des plateformes pétrolières et gazières où il y a des torches et sur des paquebots. Ces facteurs et d’autres causes de mortalité « accidentelle » – entre autres la pêche en haute mer, les véhicules, les collisions avec des éoliennes et des lignes de transport d’énergie et les activités agricoles – sont quantifiés en détail dans ce numéro spécial du prestigieux magazine Avian Conservation and Ecology (en anglais) publié par Oiseaux Canada et la Société des ornithologistes du Canada.

Notre réponse : Fournir des données, une gestion et des recommandations stratégiques concernant ces enjeux, par le biais notamment d’inventaires d’oiseaux échoués qui permettent d’évaluer les incidences à l’échelle régionale des prises accessoires dans les pêches (article en anglais), et des outils de gestion fondés sur des données visant à orienter les pratiques exemplaires en matière d’énergie éolienne. Et chacun de nous peut exercer une influence chez nous en suivant les conseils permettant d’éviter les collisions d’oiseaux avec les fenêtres.

La crise climatique

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Pluvier siffleur Photo : Elizabeth Lopez

 

L’évolution rapide du climat est la menace qui cause la plus grande incertitude quant à l’avenir des populations d’oiseaux au Canada. Selon des , les deux tiers des oiseaux de l’Amérique du Nord seront gravement touchés, en particulier ceux de l’Arctique canadien et de la région boréale.

La crise climatique affecte la faune aviaire de différentes façons. Les changements dans les profils des températures et la pluviosité induisent des changements dans les habitats auxquels les oiseaux se sont adaptés. Ceux-ci doivent pour la majorité « se déplacer » à mesure que ces habitats « se déplacent ». Un des exemples les plus frappants est celui des oiseaux des milieux alpins (document en anglais), qui n’ont littéralement nulle part ailleurs où aller.

Pour les nombreuses espèces migratrices qui dépendent du pic de début d’été des populations d’insectes pour nourrir leur progéniture, la hausse des températures hâte cette période de sorte qu’il n’y a plus de synchronisme avec le moment de la migration. Il peut s’ensuivre une baisse du nombre de jeunes.

Pour en savoir davantage sur ce que nous – Oiseaux Canada et vous – pouvons faire au sujet de la crise climatique, visitez cette section de notre site Web.

Macareux moine Photo : Laura Tranquilla

Les menaces à l’étranger

 

En plus des dangers qui les guettent au Canada, beaucoup d’espèces d’oiseaux subissent des pressions à l’étranger. En fait, pour les trois quarts des espèces qui passent une partie de l’année ici, leur cycle biologique annuel implique qu’elles passent le reste du temps au-delà de nos frontières. Pour connaître les cinq principales menaces qui pèsent sur l’avifaune à l’échelle mondiale selon BirdLife International, cliquez ici (page en anglais).

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