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Par Heather Polowyk, coordonnatrice – Conservation des Hirondelles de rivage, Oiseaux Canada

Le soleil brille, l’air est chaud et les plantes des prés marécageux se balancent doucement dans la brise. Soudain, le calme se transforme en un gazouillis alors que des centaines d’hirondelles s’envolent et se posent sur les hautes quenouilles à quelques mètres de là. Et juste comme ça – même si mes cuissardes sont inondées et que je m’enfonce dans la boue jusqu’aux genoux – j’ai l’impression d’être dans un rêve. Peu de choses dans la vie sont aussi impressionnantes que de voir de grandes volées d’oiseaux. Bien que de nombreuses espèces puissent être observées en grands groupes, peu d’entre elles sont aussi merveilleusement bruyantes et volent aussi bien que l’Hirondelle de rivage.

Des hirondelles se préparent à passer la nuit en commun au parc provincial de Long Point, en Ontario.

Les Hirondelles de rivage passent la nuit en commun dans les zones humides avec d’autres espèces d’hirondelles. Ainsi se forment d’importants groupes d’oiseaux en un même lieu. Faire partie d’un grand groupe profite à chaque individu en réduisant le risque de prédation et en lui permettant de dépenser moins d’énergie pour attraper sa nourriture que s’il était seul. La magie des immenses dortoirs se fait de plus en plus rare, car de nombreuses populations d’oiseaux continuent de décliner.

Une espèce en danger

Les participants à l’édition 2022 du Grand Birdathon pancanadien recevront un t-shirt arborant l’image d’Hirondelles de rivage réalisée par Alexandre Nicole. Notre choix de cette année s’impose, hélas, parce que l’espèce a besoin de notre attention et de notre aide. La population canadienne a chuté de 98% en 40 ans. En fait, le groupe d’oiseaux auquel appartient l’Hirondelle de rivage subit le déclin le plus marqué de toute l’avifaune au pays. Il s’agit des insectivores aériens (les oiseaux qui capturent des insectes en vol), qui comprennent les hirondelles, les martinets, les engoulevents et les moucherolles. L’Hirondelle de rivage est désignée espèce menacée au titre de la Loi sur les espèces en péril du Canada, et des mesures doivent être prises pour assurer sa préservation. Bien qu’elles ne soient pas entièrement comprises, les causes du déclin comprennent les changements climatiques, la perte d’habitats de reproduction et d’alimentation et l’utilisation accrue de pesticides limitant l’abondance des insectes dont l’espèce se nourrit.

Source: L’État des populations d’oiseaux du Canada, 2019, http://nabci.net/ressources/letat-des-populations-doiseaux-du-canada-2019/?lang=fr

Cosmopolite, charmante et chic

L’Hirondelle de rivage se raréfie au Canada, mais elle est relativement commune dans le monde. On la trouve sur tous les continents sauf en Australie et dans l’Antarctique. En Amérique du Nord, elle se reproduit dans le nord des États-Unis et dans l’ensemble des provinces et des territoires (bien que rarement au Nunavut). Les individus qui nichent sur notre continent passent l’hiver en Amérique centrale et du Sud, la plus grande concentration se trouvant sur la pointe méridionale de l’Amérique du Sud.

L’Hirondelle de rivage est la plus petite espèce de sa famille au Canada. Elle a à peu près le même poids qu’une pile AAA et mesure environ 12 cm de long. Une bande brune lui barre la poitrine, le dessous de son corps est blanc pur et le dessus brun pâle, et sa queue est fourchue.

Hirondelle de rivage   Photo: Peter Thomas

La vie de condo

Les sites de nidification communautaires (ou colonies) d’Hirondelles de rivage se trouvent le long de pentes sablonneuses quasi verticales (>70°), de berges ou de falaises. On les observe souvent sur des berges érodées de cours d’eau et des falaises naturelles. L’espèce niche également dans des milieux créés par l’être humain, comme des gravières ou des carrières. Les colonies peuvent compter des milliers de couples ou seulement quelques-uns.

Pendant la période de reproduction, pour attirer les femelles, les mâles creusent, sur des pentes en voie d’érosion, des terriers menant à des chambres de nidification. Une fois le couple formé, la femelle aménage un nid de feuilles et d’herbes dans la chambre de nidification. Elle pondra 3 à 5 oeufs, et les jeunes prendront leur premier envol après une période de 18 à 21 jours.

Une Hirondelle de rivage au nid   Photo: Brock et Sherri Fenton

Passez le mot!

Nous espérons qu’en participant au Grand Birdathon pancanadien cette année, vous parlerez du déclin de la population des Hirondelles de rivage et de certains faits relatifs à cette espèce fascinante en arborant votre t-shirt. Merci de prendre part à cette activité qui permet de recueillir de précieux fonds pour la conservation aviaire! Si vous n’avez pas encore fait votre inscription, vous pouvez le faire ici: https://www.oiseauxcanada.org/vous-pouvez-aider/birdathon/.

Autres façons d’aider les Hirondelles de rivage

Dans le but d’arrêter le déclin des populations d’Hirondelles de rivage, Oiseaux Canada et ses partenaires du groupe de travail sur cette espèce au Canada atlantique cherchent à combler les lacunes dans les connaissances actuelles, à surveiller les effectifs et à examiner l’étendue et la qualité de ses habitats de nidification, d’alimentation et de repos. Si vous vivez dans la région atlantique et souhaitez participer bénévolement à ce projet, veuillez consulter le portail NatureCounts (page en anglais).

J’espère que, comme moi, vous aurez la chance de vivre une expérience magique avec les Hirondelles de rivage dans la nature!

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