Le protocole d’entente renouvelé continue de modeler la science des migrations aux paliers national et international.
Pour protéger les oiseaux il faut d’abord les connaître. Savoir où ils vont, quand ils se déplacent et comment ils utilisent les paysages qu’ils habitent avec nous est une des premières étapes à franchir pour les faire prospérer. Cela ne peut se faire en vase clos. Partout au Canada, de plus en plus d’efforts sont déployés pour mieux connaître et aider les oiseaux.
Il y a urgence. Partout en Amérique du Nord, les populations d’oiseaux ont diminué de près d’un tiers depuis 1970. Parallèlement, le Canada accélère la mise en œuvre de grands projets énergétiques et d’infrastructure, des décisions qui façonneront les paysages pour des générations.
C’est là qu’intervient la collaboration entre Oiseaux Canada et l’Université Western. Ensemble, nous accumulons des connaissances et mettons au point des outils pour protéger l’avifaune dans un monde en pleine mutation.
Le 30 avril, des membres du personnel et des dirigeants d’Oiseaux Canada et de l’Université Western ainsi que des enseignants de cet établissement se sont réunis dans les locaux d’Oiseaux Canada et à l’Observatoire d’oiseaux de Long Point (OOLP), à Port Rowan, en Ontario, pour célébrer le renouvellement de leur partenariat et célébrer la solidité de leur collaboration.
L’entente renouvelée officialise une relation de longue date entre des chercheurs de Western et l’un des plus importants organismes de protection de la nature du Canada. De plus, elle ouvre de nouvelles perspectives en matière de recherche collaborative, de formation des étudiants, d’innovation technologique et de partenariats de financement majeurs.
Le 30 avril 2026, des représentants d’Oiseaux Canada et de l’Université Western se sont réunis pour célébrer leur engagement commun envers la préservation des oiseaux. Photo : Christopher Kindratsky/Western Communications
Bâtir la science et les systèmes qui la sous-tendent – et préparer les générations futures
Au cœur de cette démarche se trouve le Système de surveillance faunique Motus d’Oiseaux Canada, créé en partenariat avec l’Université Western, d’autres institutions canadiennes et des collaborateurs du monde entier.
Motus est un réseau international de recherche collaborative utilisant la radiotélémétrie pour suivre les déplacements et étudier le comportement de petits animaux volants: oiseaux, chauves-souris et insectes. Motus est aujourd’hui une plateforme mondiale qui soutient des milliers de projets dans plus de 30 pays, fournissant des informations essentielles sur les déplacements des oiseaux et leurs interactions avec leur environnement.
«Nous voulons comprendre comment les différentes espèces se déplacent dans les paysages, en particulier les espèces en péril, a déclaré Chris Guglielmo, professeur de biologie et directeur du Centre for Animals on the Move à l’Université Western. Mieux nous comprendrons leurs déplacements, mieux nous pourrons protéger ces espèces.»
Motus a une portée mondiale, mais ses racines se trouvent là où tout a commencé: à Long Point, en Ontario.
La région de Long Point compte parmi les plus riches en biodiversité du Canada; c’est un lieu d’une importance cruciale pour les oiseaux migrateurs et le siège de l’Observatoire d’oiseaux de Long Point, le programme fondateur d’Oiseaux Canada.
«Depuis des décennies, Long Point est un centre de renommée mondiale consacré à la recherche, à l’éducation et à la formation des étudiants et des chercheurs en début de carrière, a déclaré Stu Mackenzie, directeur – Actifs stratégiques à Oiseaux Canada. Dans le cadre de notre partenariat avec l’Université Western, nos installations et nos programmes à Long Point constituent un laboratoire vivant qui fait progresser la science de la conservation à l’échelle mondiale. Des programmes tels que l’Atelier Doug Tarry pour jeunes ornithologues de l’OOLP visent à inspirer et à former les scientifiques de demain, dont beaucoup poursuivent leurs études à l’Université Western et dans d’autres établissements partout au Canada. Depuis l’expérience pratique sur le terrain à Long Point jusqu’à la recherche de pointe en laboratoire et en science des données, Oiseaux Canada et l’Université Western sont d’autant plus forts et forment la prochaine génération de chefs de file en matière de conservation.»
Une Grive des bois munie d’un nanoémetteur Motus à Long Point, en Ontario. Photo: Emma Buck, Oiseaux Canada
Tournés vers l’avenir
La rencontre à Long Point en avril était certes une célébration, mais c’était aussi un message. Un message indiquant que le Canada possède l’expertise, les partenariats et les infrastructures nécessaires pour jouer un rôle de premier plan dans la science de la conservation et relever les défis mondiaux que cela implique.
«C’est passionnant de voir tout ce qu’il est possible d’accomplir lorsque des chercheurs et des organisations s’unissent autour d’un objectif commun, a précisé David Muir, vice-président adjoint chargé de l’innovation et des partenariats stratégiques à l’Université Western. Des alliances comme celle-ci permettent de réunir des forces complémentaires et d’ouvrir la voie à des projets de recherche collaborative qui ont un impact significatif sur le plan scientifique et en matière de conservation.»
«Ensemble, nous faisons progresser la science dont les oiseaux et la nature ont besoin pour s’épanouir, a ajouté Patrick Nadeau, président-directeur général d’Oiseaux Canada. Cette entente crée une puissante synergie en associant le leadership national d’Oiseaux Canada en matière de recherche et de conservation aviaires à l’expertise de recherche de l’Université Western. Laquelle synergie génère des connaissances qui orientent les politiques et contribuent à protéger les oiseaux et la biodiversité pour les générations futures.»