Par Jody Allair, directeur des Communications
Intense, hardi, charismatique. Si vous avez la chance de passer un peu de temps en compagnie d’un Gros-bec errant, vous aurez vous aussi du mal à trouver les bons adjectifs pour décrire cet oiseau exceptionnel des forêts du Nord canadien.
Le Gros-bec errant mâle arbore un sourcil jaune vif, tandis que sa tête, le haut du dos, la queue et la poitrine sont noirs, se fondant harmonieusement dans le bas du dos et le dessous du corps, d’un jaune éclatant. Les femelles sont tout aussi magnifiques, avec un plumage argenté brillant rehaussé de jaune pâle sur la nuque et le haut de la poitrine, ainsi que de taches blanches sur les ailes et la queue. Les deux sexes possèdent ce bec conique massif caractéristique.
Les Gros-becs errants vivent dans les forêts boréales, montagnardes et mixtes du nord dans tout le pays. En hiver, ils s’éloignent parfois de leur aire de reproduction, et ces déplacements (également appelés «irruptions») découlent de leur relation étroite avec la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Lors des grandes infestations de tordeuses dans la forêt boréale, les Gros-becs errants se rassemblent et se reproduisent abondamment. Il s’ensuit généralement des irruptions plus au sud en hiver, pour la recherche de nourriture.
Le Canada abrite environ les deux tiers de la population mondiale de l’espèce; nous sommes donc particulièrement responsables de sa conservation. Dans l’ensemble, les effectifs ont fortement diminué au Canada depuis 1970. Le déclin serait de 83% selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) et de 94% selon celles du Recensement des oiseaux de Noël.
Les causes du déclin? Perte d’habitat, réduction du nombre d’insectes, changements climatiques et collisions avec des fenêtres et des véhicules. Le Gros-bec errant est désigné espèce préoccupante au titre de la Loi sur les espèces en péril du Canada.