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Par James Casey, spécialiste de l’estuaire du Fraser, programmes de la Colombie-Britannique, Oiseaux Canada

 

Une station de traitement d’eaux usées peut sembler un endroit étrange pour quelqu’un qui cherche à communier avec la nature, mais les observateurs d’oiseaux savent qu’il n’y a pas meilleur endroit. Pour celles et ceux qui recherchent une expérience authentique près de chez eux, un étang d’épuration offre un lien plus fort avec l’environnement qu’un centre commercial ou un parc à thème ne le fera jamais. Au premier abord, la diversité des oiseaux présents sur un étang d’épuration est le reflet des écosystèmes qui l’entourent. Si vous osez creuser un peu plus, la façon dont les habitants d’une collectivité donnée traitent leurs déchets est le reflet de la relation qu’ils entretient avec la nature.

L’usine de traitement d’eaux usées de l’île Iona, à l’embouchure du fleuve Fraser dans le sud de la Colombie-Britannique, est un exemple intéressant. Cette île est un des meilleurs sites d’observation d’oiseaux dans la province. Située au coeur de la ZICO (zone importante pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité) de l’estuaire du Fraser, elle accueille le deuxième plus grand nombre d’espèces aviaires enregistré n’importe où dans l’ouest du Canada. L’île renferme des habitats allant de la forêt de plaine inondable aux vasières intertidales. En son centre se trouvent les étangs d’épuration, entourés d’une clôture basse qui éloigne les chiens et autres sources de perturbation. La proximité d’Iona avec la région du Grand Vancouver et son environnement semi-naturel en font un site populaire qui reçoit la visite de centaines de milliers de personnes chaque année.

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Photo : Kris Cu

Pour les citadins du Lower Mainland, l’île Iona est un lieu important où ils peuvent entrer en relation avec la nature. Néanmoins, le site reflète également notre héritage historique avec la nature, car les eaux usées de la ville de Vancouver ne font l’objet que d’un traitement primaire. Ce traitement est très rudimentaire: les matières solides en suspension sont en grande partie retirées des eaux d’égout, mais le reste – les matières colloïdales ou dissoutes – est pompé dans l’estuaire. Ainsi, chaque fois qu’une personne à Vancouver tire la chasse d’eau ou prend une douche, elle entretient une «relation toxique» avec l’estuaire du Fraser et la mer des Salish en en faisant les réceptacles de nos déchets.

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Grand Héron Photo : Caroline Biel
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Photo: Kris Cu

Heureusement, il est prévu de moderniser la station d’épuration de l’île afin de permettre un traitement tertiaire, plus efficace (vous pouvez en savoir plus sur les projets ici; en anglais). Cela aura un coût pour le trésor public, mais à une époque où nous sommes mis au défi de réimaginer notre relation avec la nature pour inverser l’effondrement écologique, ce sera l’occasion de restaurer l’environnement et de renouer avec la vie aviaire de la ZICO de l’estuaire du Fraser. Avez-vous eu l’occasion de découvrir ce lieu important pour les oiseaux? Les autorités du Grand Vancouver recueillent des commentaires sur la modernisation des installations de l’île Iona à l’adresse IonaWWTP @ metrovancouver.org. En tant qu’observateurs et amateurs d’oiseaux, pensez à leur envoyer un courriel pour les informer de l’importance que ce site a eue pour vous dans le passé et de vos espoirs pour l’avenir.

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Foulque d’Amérique Photo: Graham Sorenson
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Photo : Kris Cu
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