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Par Danielle Éthier, Ph. D., scientifique spécialiste des populations d’oiseaux, Oiseaux Canada

 

Les rapaces diurnes (pygargues, aigles, éperviers, buses et faucons) sont impressionnants. Même un observateur d’oiseaux chevronné s’émerveillera à la vue d’un Pygargue à tête blanche qui le survole ou s’arrêtera pour regarder une Crécerelle d’Amérique traquer sa proie à partir d’un fil électrique. Ces chasseurs impressionnants et puissants superprédateurs rendent l’observation des oiseaux passionnante et peuvent attirer de nouveaux venus au loisir ornithologique. Les observations normalisées des rapaces diurnes en migration permettent aux chercheurs de faire un suivi de leur situation et contribuent positivement à leur conservation en Amérique du Nord.

An assortment of small winter birds at a bird feeder station
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Sites d’observation du PIPR

Le Programme de l’indice des populations de rapaces (PIPR) (page en anglais) apporte une importante contribution à la surveillance des rapaces diurnes en Amérique du Nord. Il est le fruit d’un partenariat international réunissant la Hawk Migration Association of North America (HMANA), HawkWatch International, la Hawk Mountain Sanctuary Association et Oiseaux Canada. Il a pour but de contribuer à la conservation et à l’étude de ces oiseaux ainsi qu’à la sensibilisation du public à leur égard par le biais d’un programme collaboratif de suivi des populations. Les responsables du PIPR ont publié récemment un état des tendances populationnelles pour les espèces étudiées qui repose sur les données recueillies depuis le début du programme jusqu’à la fin de 2019. Il s’agit de la cinquième édition des résultats de cette précieuse analyse.

 

Qu’avons-nous appris?

Le cas du déclin brutal des effectifs du Faucon pèlerin jusqu’au milieu des années 1970 puis du rétablissement de l’espèce est un très bon exemple de l’utilité du suivi à long terme des populations, et particulièrement de la surveillance des rapaces diurnes en migration. Les analyses récentes des tendances enregistrées jusqu’à la fin de 2019 révèlent des réussites comparables. Par exemple, la population de Pygargues à tête blanche s’est effondrée en même temps que celle des Faucons pèlerins dans les années 1960, mais les comptes enregistrés lors des passages en migration sur tout le continent ont augmenté presque partout ces dix dernières années. Par contre, selon les données du PIPR, la baisse des effectifs d’espèces comme le Busard des marais, la Crécerelle d’Amérique et l’Épervier brun inquiète dans certaines parties de leur aire de répartition.

Adult Bald Eagle in flight
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Pygargue à tête blanche Photo : David Brandes
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Adult Bald Eagle in flight
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Épervier brun Photo : David Brandes
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Tous les animaux sont exposés à des dangers naturels, comme la maladie et la prédation, mais les plus grands dangers qui guettent les rapaces diurnes sont d’origine humaine, tels que la perte d’habitats, les changements climatiques, les intoxications, les tirs d’armes à feu, les collisions et l’électrocution. Il faut pousser les recherches pour mieux cerner les causes de la baisse des comptes de rapaces diurnes au cours des migrations.

Importance de la surveillance des rapaces diurnes en migration

A group of people looking at the sky with binoculars to monitor raptors
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Cape May Photo : Josh Lawrey

Les citoyens scientifiques jouent un rôle clé dans la surveillance des rapaces diurnes en migration en récoltant les données dont les responsables du PIPR ont besoin pour réaliser leurs analyses. Chaque année au printemps et en automne, des groupes d’observateurs s’assemblent le long de crêtes, de côtes et d’autres couloirs de migration pour suivre le passage de ces oiseaux. Cette activité, qui a commencé officiellement en 1934, est menée actuellement à des centaines d’endroits dans toutes les régions du Canada et des États-Unis.

La surveillance des rapaces diurnes permet de maintenir des enregistrements à long terme des décomptes en migration effectués par des méthodes normalisées. Des chercheurs ont ainsi une rare occasion de faire le suivi de la dynamique des populations de ces superprédateurs aviaires en vue de produire des évaluations en matière de conservation et d’établir des tendances populationnelles fondées scientifiquement. C’est particulièrement important étant donné que d’autres programmes de suivi des populations d’oiseaux, comme le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) et le Recensement des oiseaux de Noël, ne permettent pas de suivre efficacement les effectifs de beaucoup d’espèces de rapaces diurnes.

De plus, la surveillance des rapaces diurnes en migration offre une excellente occasion de découvrir l’histoire naturelle et la biologie de ces oiseaux et d’apprendre à les identifier. Les personnes qui visitent les sites d’observation ont la possibilité de voir des rapaces diurnes de près, ce qui peut susciter une passion pour ce groupe aviaire qui ne s’éteindra jamais!

Vous pouvez contribuer

Vous pouvez en apprendre davantage sur les sites d’observation qui font partie du réseau de surveillance et savoir comment participer en vous rendant à HawkCount.org (site en anglais).

Le soutien financier aide le PIPR à poursuivre son objectif: établir des tendances démographiques statistiquement valables pour chaque espèce de rapace diurne migrateur étudiée et mettre à jour les évaluations de la situation des espèces mises à la disposition des stations de surveillance participantes, de la communauté scientifique, d’organismes de conservation et du public. Les dons (page en anglais) sont grandement appréciés et ils profitent à tous les partenaires, y compris Oiseaux Canada.

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