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Par Graham Sorenson, coordonnateur des programmes en Colombie-Britannique, Oiseaux Canada


Petit-duc des montagnes Photo : Ren Ferguson

Bon nombre d’espèces d’oiseaux migrateurs continuent de profiter de la chaleur dans leurs quartiers d’hiver des tropiques tandis que d’autres qui passent l’hiver au Canada s’efforcent de survivre au froid. Néanmoins, les Strigidés de chez nous sont sur le point d’amorcer leurs parades nuptiales dès le début du printemps. Avec le début de la saison de reproduction des chouettes et des hiboux, des centaines de bénévoles de toutes les régions du pays parcourront des routes de campagne le soir et la nuit pour participer à l’Inventaire des Strigidés nocturnes. Ces personnes ont reçu la formation nécessaire pour recueillir de précieuses données sur les populations qui peuvent servir à la conservation des chouettes et des hiboux et pour suivre des protocoles d’inventaire qui réduisent au minimum les dérangements pour les oiseaux visés.

En Ontario, cet inventaire a lieu depuis plus de 25 ans, et 2020 marquera la vingtième édition dans plusieurs autres provinces. « Il est difficile de croire que nous approchons du 20e anniversaire dans la région atlantique, affirme Amy-Lee Kouwenberg, Ph. D., coordonnatrice de l’Inventaire des Strigidés nocturnes pour Oiseaux Canada dans cette région. Et, ce qui est encore plus impressionnant, c’est que neuf de nos participants bénévoles ont visité leur(s) parcours et envoyé leurs données chaque année depuis le début du programme. C’est de la science citoyenne à l’état pur. Nous les remercions de leur dévouement exemplaire! » Et l’histoire est la même d’un bout à l’autre du pays : des centaines de bénévoles donnent de leur temps année après année pour aider à mieux connaître et à préserver ce groupe d’espèces aux moeurs discrètes.

Pour certains, comme Blaire Smith, de la Colombie-Britannique, l’Inventaire a rehaussé l’intérêt envers l’avifaune. « Lors de mon premier inventaire, en 2015, j’ai eu la chance d’entendre la vocalisation unique d’un Petit-duc des montagnes, raconte Blaire. Cela ressemblait au son d’une balle qui rebondissait de plus en plus vite à mesure qu’elle s’approchait du sol. Cela a été l’étincelle qui a allumé ma fascination pour les oiseaux, laquelle n’a jamais diminué depuis. »

En Saskatchewan, Korinne et Vaughn Bengert, qui participaient à l’Inventaire pour la première fois, étaient enchantés de voir un couple de Grands-ducs d’Amérique le long de leur parcours, une observation qui est loin d’être habituelle au cours d’un relevé nocturne! « Nous étions très excités, car nous ne nous attendions à voir aucun rapace nocturne, ont-ils avoué par la suite. Nous avons beaucoup aimé notre expérience! »

 


Chouette rayée Photo : Kathleen Curran/GBBC

Résultats de la saison 2019

En 2019, les participants ont visité 688 parcours au total dans l’ensemble des provinces et territoires où l’Inventaire est implanté. Dans toutes les régions, la Petite Nyctale, le Grand-duc d’Amérique et la Chouette rayée ont été les espèces le plus couramment détectées. Dans les territoires et le nord de la Colombie-Britannique, la Nyctale de Tengmalm est aussi régulièrement observée.

Dix des 16 espèces de Strigidés qui se reproduisent au Canada ont été observées pendant l’Inventaire en 2019. Ces espèces ont tendance à être plus strictement nocturnes et vocalisent plus régulièrement en comparaison du Harfang des neiges, de la Chouette épervière et du Hibou des marais, qui n’ont pas été détectés en 2019. Ces trois espèces sont souvent silencieuses et observées régulièrement pendant le jour. Les trois autres espèces qui sont passées inaperçues en 2019 sont la Chevêche des terriers, l’Effraie des clochers et la Chouette tachetée; elles sont toutes préoccupantes sur le plan de la conservation.

Parlons maintenant de l’utilité de l’information récoltée par les participants à l’Inventaire des Strigidés nocturnes. Danielle Éthier, Ph. D., scientifique des populations d’oiseaux au Centre national des données d’Oiseaux Canada, a des nouvelles qui plairont sûrement à ces bénévoles et aux autres personnes qui s’intéressent aux chouettes et aux hiboux. « En 2020, nous comptons faire bon usage des données de l’Inventaire!, nous confie-t-elle. Plus précisément, nous les nettoierons et les compilerons puis nous établirons les tendances démographiques pour chaque espèce, comme c’est le cas de celles produites pour le Réseau canadien de surveillance des migrations et le Raptor Population Index. (indice des populations de rapaces). Les résultats obtenus nous donneront une meilleure idée de l’état des effectifs des Strigidés dans votre région. Je remercie personnellement tous les bénévoles qui ont rendu cette recherche possible! »

 

Bénévoles recherchés

Nous sommes constamment à la recherche de bénévoles, mais les besoins les plus pressants se font sentir dans les régions où les besoins sont prioritaires, lesquelles sont indiquées ci-dessous. Si vous souhaitez participer à l’Inventaire, veuillez prendre contact avec la coordonnatrice ou le coordonnateur responsable de votre province ou territoire.

Merci aux coordonnatrices et coordonnateurs régionaux ainsi qu’aux participants à l’Inventaire qui ont contribué à cet article!


Petit-duc maculé Photo : Leesa Beckman/GDOF

 

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