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Par Pete Davidson, conseiller principal en conservation, Oiseaux Canada

 

À la suite du déversement d’hydrocarbures survenu le week-end dernier le long de la côte californienne, nos premières pensées et préoccupations concernent la faune et la flore océaniques, y compris les oiseaux, dans cette région côtière et marine biologiquement riche de la Voie migratoire du Pacifique.

Alors que nous attendons des nouvelles des espèces préoccupantes sur le plan de la conservation, comme le Pluvier neigeux, la Petite Sterne et certains mammifères marins, entre autres, il est à noter qu’il existe d’excellentes ressources publiques – dont bon nombre sont issues de la science participative – qui peuvent nous aider à trouver des réponses à certaines de nos propres questions.

Les oiseaux de rivage viennent immédiatement à l’esprit lorsque les images de pétrole sur les plages de sable font la une des journaux. Le sud de la Californie se trouve à l’extrémité nord de l’aire d’hivernage de plusieurs de ces oiseaux qui se reproduisent dans l’Arctique. Grâce à ce nouvel outil (page en anglais) très pratique basé sur les données eBird, il est possible de savoir combien d’oiseaux de rivage de différentes espèces utilisent en cette période de l’année la portion de côte comprise entre Huntington et Newport Beach touchée par la marée noire. Prenons l’exemple du Bécasseau d’Alaska (Western Sandpiper sur la carte). On peut voir que c’est près de l’endroit où les hydrocarbures ont touché terre que l’abondance relative de l’espèce est la plus élevée. Toutefois, si l’on observe la situation plus au sud le long de la côte, on peut voir des concentrations tout aussi élevées dans des régions beaucoup plus vastes. Espérons que presque tous les Bécasseaux d’Alaska ont déjà traversé la zone touchée en se rendant vers le sud. Un examen plus approfondi d’une ressource générée par un autre programme de science participative, le Migratory Shorebird Project, dont Oiseaux Canada est partenaire, soit cette carte interactive (page en anglais), révèle des endroits plus spécifiques utilisés par les oiseaux de rivage dans cette région, lesquels semblent inclure des habitats qui pourraient ne pas être affectés par le déversement. Il convient de noter qu’il s’agit d’un programme d’inventaire exécuté au milieu de l’hiver (en décembre et janvier), période pendant laquelle des centaines, voire des milliers, d’oiseaux de rivage sont présents dans la région.

Canada Warbler on stump
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Bécasseau d’Alaska Photo : Graham Sorenson

Une autre espèce qui vient à l’esprit est le Grèbe élégant. Cet oiseau qui se reproduit dans des milieux d’eau douce avait l’habitude d’hiverner en grand nombre dans la mer des Salish, mais ces dernières décennies, son aire de répartition s’est déplacée vers la partie sud de la côte californienne. C’est ce qu’a permis de découvrir (page en anglais) le magnifique travail d’enquête réalisé par Scott Wilson et ses collègues, qui ont exploité les données des participants bénévoles au Recensement des oiseaux de Noël. La question est de savoir quand ces oiseaux gagnent cette côte. Cette animation eBird montrant l’abondance du Grèbe élégant indique qu’on observe l’espèce dans la région touchée seulement en novembre, au moment où les hydrocarbures présents dans le milieu marin ne devraient pas l’affecter directement.

Des technologies de radiosurveillance permettent maintenant de répondre à bon nombre des questions qu’on se pose, comme le fait Oiseaux Canada avec le Système de surveillance faunique Motus. C’est particulièrement vrai dans le cas du Starique de Cassin, qui constitue une énigme totale lorsqu’il quitte la terre ferme pour le grand large au terme de la période de reproduction. Cette espèce est classée dans la catégorie Préoccupation spéciale au titre de l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada et c’est au Canada que se trouve la majeure partie de la population nicheuse; mais jusqu’à récemment, on ne savait pas où allaient les stariques après la reproduction. L’incroyable travail de suivi réalisé par Katie Studholme et ses collègues à l’aide de géolocalisateurs sensibles à la lumière a montré que les oiseaux se reproduisant au Canada utilisent une série de stratégies de migration très différentes, dont l’une est que les individus qui se reproduisent à Haida Gwaii se déplacent vers la baie du sud de la Californie (Southern California Bight) en hiver. Encore une fois, comme pour le Grèbe élégant, la question se pose: quand les stariques arrivent-ils? Si l’on se reporte à l’excellent travail de recherche de Katie Studholme et ses collègues (page en anglais), on constate qu’ils arrivent au large de la Californie en novembre et que, comme les Grèbes élégants, les Stariques de Cassin ne seront pas directement touchés par la marée noire.

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Starique de Cassin Photo : Yousif Attia

L’un des fondements les plus importants pour l’évaluation de l’ampleur des incidences d’un déversement comme celui-ci est également issu de la science participative: les inventaires des oiseaux échoués. Dans les semaines et les mois à venir, nous nous tournerons vers les programmes américains similaires, COASST et BeachCOMBERS, les réseaux d’inventaire des oiseaux échoués le long de la côte du Pacifique, pour savoir ce que leurs données ont permis de découvrir.

Chez nous, Oiseaux Canada coordonne l’exécution des inventaires des oiseaux échoués par des bénévoles en Colombie-Britannique et au Québec. Pour en savoir plus ou pour participer, visitez la page Web du programme.

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Pluvier neigeux Photo : Yousif Attia
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