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Par David Bradley, Ph. D., gestionnaire des programmes – Colombie-Britannique, Études d’Oiseaux Canada


Courlis à long bec Photo : Alyssa Hollyoake

Depuis 2017, Études d’Oiseaux Canada assure le suivi du Courlis à long bec en Colombie-Britannique pour étudier l’utilisation de l’habitat et la migration de l’espèce et mieux connaître les difficultés qu’elle doit affronter tout au long de l’année. Les individus qui nichent dans cette province sont particulièrement intéressants parce que l’aire de répartition s’y est étendue alors qu’elle s’est contractée dans d’autres parties de l’Amérique du Nord.
La recherche sur le Courlis à long bec a atteint de nouveaux sommets en mai 2019 grâce au grand succès des travaux de terrain menés près de Prince George, en Colombie-Britannique. Une équipe d’Études d’Oiseaux Canada a visité la région pour documenter la récente expansion de l’aire de répartition de l’espèce et confirmer sa présence et sa nidification dans la partie la plus septentrionale de cette aire. Les chercheurs ont observé des comportements très intéressants, comme la feinte de l’aile cassée et plusieurs actes de copulation.

Sur place, nous avons rencontré des agriculteurs, des propriétaires fonciers et des naturalistes de la région qui nous ont aidés à prospecter des pâturages et des champs de foin à la recherche de couples nicheurs et de nids. Nous avons ainsi trouvé 15 nids et nous avons pu baguer dix individus et poser des balises satellite sur sept d’entre eux. Nos collaborateurs et des membres du public étaient émerveillés d’assister à cette partie de notre recherche.


Photo : David Bradley

Un jour sur deux, les balises émettent des signaux qui sont captés par des satellites en orbite basse avec un degré de précision d’environ 250 mètres au sol. Les chercheurs peuvent ainsi déterminer à quels moments les oiseaux se déplacent et quels itinéraires ils suivent pour gagner leurs quartiers d’hiver.
C’était notre première campagne d’étude des courlis dans la région de Prince George. En 2017, nous avons posé des balises sur des individus dans la zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) de la prairie Skookumchuck, près de Cranbrook dans le sud est de la Colombie-Britannique. Nous avons appris récemment qu’un de ces oiseaux, une femelle, a déjà amorcé sa migration vers le sud. Cette femelle, que nous avons baptisée Pine, est arrivée dans la ZICO de la prairie Skookumchuck au début d’avril après avoir passé l’hiver en Californie. Elle est demeurée dans la ZICO pendant 69 jours, s’y est vraisemblablement reproduite et a quitté le Canada le 10 juin (voyez le tracé jaune sur la carte des déplacements des courlis).
Nous allons combiner les données sur les sept courlis que nous avons dotés de balises cette année et celles transmises par les balises posées sur sept autres individus en 2017 afin de produire un état spectaculaire des endroits fréquentés tout au long de l’année par les courlis qui nichent en Colombie-Britannique. Cela nous permettra de mieux comprendre les menaces qui peuvent peser sur ces oiseaux pendant leur cycle annuel et nous donnera les outils nécessaires pour orienter les efforts de conservation de l’espèce au Canada et aux États-Unis.


Il n’est pas facile de trouver un courlis
sur son nid! Photo : David Bradley

Nous remercions les propriétaires fonciers, les agriculteurs et les membres du Prince George Naturalists Club qui nous ont assistés dans notre recherche cette année. Certains nous ont dirigés vers les zones où il y avait le plus de courlis et d’autres nous ont permis d’accéder à leur propriété; leurs contributions ont été des plus précieuses. De plus, nous sommes reconnaissants envers les entités suivantes pour leur généreux soutien : le programme Fish and Wildlife Compensation de BC Hydro, l’Habitat Conservation Trust Foundation, le Columbia Basin Trust, Environnement et Changement climatique Canada et le Migratory Connectivity Project de la Smithsonian Institution.
Vous pouvez en savoir plus sur ce projet en lisant l’article bilingue sur le Courlis à long bec paru dans le numéro de l’été 2018 du magazine BirdWatch Canada.

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