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Par Véronique Connolly, coordonnatrice, Fonds pour la restauration de cheminées utilisées par le Martinet ramoneur, et Andrew Coughlan, directeur des programmes au Québec, Oiseaux Canada

En février 2022, Oiseaux Canada et des partenaires ont lancé le Fonds pour la restauration de cheminées utilisées par le Martinet ramoneur, nommé plus brièvement Fonds pour le Martinet ramoneur. Cette importante nouvelle initiative vise à soutenir le travail de rétablissement de l’espèce, désignée menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Le programme est exécuté avec l’appui financier du gouvernement du Canada agissant par l’entremise du ministère fédéral d’Environnement et Changement climatique et en collaboration avec certaines des organisations clés engagées dans la conservation et le suivi des populations de l’espèce au Canada : Nature Saskatchewan (en anglais), QuébecOiseaux, le Zoo de Granby, la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick, Nature NB et la Nova Scotia Bird Society (en anglais).

Martinet ramoneur en vol. Photo: Ron d’Entremont

Les responsables du Fonds pour le Martinet ramoneur s’emploient activement à atténuer une des principales menaces qui pèsent sur cette espèce : la perte continue d’habitat causée par la modification ou la démolition de cheminées. En apportant un soutien financier à la restauration de structures anthropiques et connues pour être importantes pour le Martinet ramoneur, le Fonds contribue à assurer la disponibilité de sites de nidification et de dortoirs pour les générations actuelles et futures de l’espèce au Canada.

Les premiers projets bénéficiant d’une aide financière (voir plus bas) se rapportent à sept cheminées désignées comme habitat essentiel dans le cadre du Programme de rétablissement du Martinet ramoneur au Canada, tel que proposé plus tôt cette année par Environnement et Changement climatique Canada. Des bénévoles et des membres du personnel du Suivi du Martinet d’Oiseaux Canada, de QuébecOiseaux ou du Service canadien de la faune (Environnement et Changement climatique Canada) ont surveillé l’activité de l’espèce à ces sept sites. On poursuivra la surveillance pour mesurer le succès des travaux de restauration des cheminées.

Emplacements des cheminées restaurées jusqu’à présent avec l’aide du Fonds pour le Martinet ramoneur.

La variété des projets subventionnés cette année met vraiment en évidence la diversité des bâtiments qui peuvent contribuer activement à la conservation du Martinet ramoneur. Elle illustre également les différents environnements dans lesquels ces cheminées peuvent se trouver, les différents nombres d’oiseaux qui les utilisent et le fait qu’une cheminée peut servir de dortoir ou de site de nidification, ou des deux.

Par exemple, au cours d’une seule nuit de migration, environ 80 martinets peuvent trouver refuge dans la cheminée à restaurer de l’ancienne école de Colchester, en Ontario, tandis que la cheminée qui sera réparée sur une maison à Montréal, au Québec, est utilisée comme site de nidification. Généralement, un seul couple niche dans une cheminée, parfois aidé par quelques auxiliaires. La cheminée restaurée d’une église à Boucherville (voir ci-dessous), au Québec, continuera de fournir un site de nidification en banlieue, ainsi qu’un dortoir pour environ 12 martinets. À une échelle un peu plus grande, la cheminée d’une église à Pohénégamook (voir ci-dessous), au Québec, offre à la fois un site de nidification et un dortoir à plus de 370 martinets en migration. Des inventaires indiquent également que jusqu’à 180 martinets peuvent se reposer dans la grande cheminée en cours de restauration d’un ancien sanatorium à Lac-Édouard, au Québec (voir ci-dessous). Là encore, cette cheminée située en milieu rural sert également de site de nidification, tout comme la cheminée en cours de restauration d’une maison de ferme à Central Hainesville (voir ci-dessous), au Nouveau-Brunswick. Enfin, et ce n’est pas le moins important, les travaux effectués sur la cheminée d’un bâtiment commercial à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, contribueront à assurer la pérennité d’un site qui a été utilisé par jusqu’à 2700 martinets, ce qui représente le plus grand nombre d’individus recensé dans un dortoir dans le Canada atlantique!

Des maçons en plein travail à Boucherville, au Québec. Photo: Marjolaine Bisson
Il ne faut pas avoir peur des hauteurs pour réparer des cheminées! L’église Saint-David de Sully, à Pohénégamook, au Québec. Photo: Steve Thériault

Le Fonds pour le Martinet ramoneur couvre jusqu’à la moitié du coût total de la restauration d’une cheminée; les subventions accordées en 2022 variaient entre 1070 et 42 809 $. Les divers travaux de réparation, qui ont commencé après le départ des oiseaux pour leur migration d’automne vers le sud et seront achevés avant leur retour au printemps prochain, comprennent la réparation ou le remplacement de têtes de cheminées, la réparation ou le remplacement des rangs de briques endommagés, le rejointoiement et l’installation de solins métalliques.

La cheminée de l’ancien sanatorium de Lac‑Édouard, au Québec. Photo: Simon Parent
Réparation d’une cheminée à Central Hainesville, au Nouveau-Brunswick.
Photo: Elva Kay

Chaque bénéficiaire d’une subvention s’engage à conserver les caractéristiques de sa cheminée qui la rendent adaptée aux Martinets ramoneurs. Par exemple, le diamètre final de l’ouverture de la cheminée doit permettre aux martinets d’y entrer facilement, et une surface rugueuse doit être maintenue sur les parois intérieures pour permettre aux oiseaux de se percher ou de nicher. Si la hauteur d’une cheminée doit être réduite, la hauteur finale doit être d’au moins deux mètres au-dessus du toit adjacent et, évidemment, aucune grille, chapeau ou pare-étincelles ne peut être installé.

La cheminée remise à neuf à l’église Saint-David de Sully, à Pohénégamook, au Québec. Photo: Steve Thériault

Les bénéficiaires acceptent également de protéger et d’entretenir la cheminée restaurée pendant au moins 10 ans et s’engagent à surveiller l’activité des Martinets ramoneurs pendant cinq ans, ou à autoriser des bénévoles des programmes provinciaux de suivi du Martinet ramoneur à le faire.

« La Ville de Boucherville est reconnaissante envers Oiseaux Canada pour la subvention accordée dans le cadre de la restauration d’une cheminée reconnue à la fois comme site de nidification et de dortoir pour le Martinet ramoneur. La protection de la biodiversité est importante pour la Ville de Boucherville, et le maintien de cet habitat, initialement destiné à être démoli, était un enjeu. La subvention d’Oiseaux Canada a grandement contribué à la réussite de ce beau projet. »
Daniel Drouin, Directeur, Environnement et transition écologique à la Ville de Boucherville

Les Martinets ramoneurs occupent une place spéciale dans les souvenirs d’Anny Théberge, présidente de l’Assemblée de fabrique de la paroisse Saint-David de Sully. Enfant, elle voyait régulièrement des groupes de martinets s’engouffrer en tournoyant dans la cheminée de l’église. Or les martinets ont disparu, mais ils sont revenus ultérieurement, et elle était ravie de pouvoir faire réparer la cheminée endommagée grâce à l’aide financière provenant du Fonds pour le Martinet ramoneur.

Les responsables du Fonds pour le Martinet ramoneur comptent annoncer la prochaine ronde de financement au début de 2023. Rendez-vous au site Web pour obtenir de plus amples renseignements et apprendre comment vous pouvez aider les Martinets ramoneurs en tant que propriétaire d’une cheminée.

 

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